Il a toujours été facile de critiquer autrui. Il a toujours été facile de faire des reproches et d'accuser les autres de faire des fautes, d'être lâches. Mais il n'a jamais été facile de se regarder dans un miroir et de se juger avec la même froideur que l'on juge les autres.
Je suis le genre de personne pas toujours tendre. Provocations et ironie sont mon lot quotidien. Je ne compte plus le nombre de fois ou je ressens une impression de mépris quand je regarde une foule, un wagon, des gens simplement. Je ne compte plus le nombre de fois où les paroles d'une personne me parlant, me blasent. Il y a peu de gens qui éveille mon intérêt, peu de gens que je trouve intéressants et originaux.
Mais si d'aventure, je me pousse à me regarder moi, je serais la personne sur laquelle mon venin coulera le plus, et ou ma verve sera la plus violente.
Car, à travers mon mépris pour autrui, mon manque d'intérêt pour tout ces gens, mon ennuie en société et mon dégoût à toucher les autres, ne serait-ce pas une forme de jalousie, de mesquinerie, d'envie totalement démesurée ?
Après tout, aurais-je vraiment à me permettre d'être ce que je suis ? Alors que je suis sûrement plus lâche que tout les lâches, plus naïve que tout les naïves, plus bête que tout les imbéciles ?
Si je fais l'effort de me regarder en face, sans fard, de tout ceux que je critique, je suis la pire. A force de pourchasser la banalité, je suis devenue quelconque. A force de mépriser les peureux, j'en ai oublié que mes propres peurs m'harcelaient plus que tout autre chose. Qu'il n'y a plus qu'elles que j'écoute, au delà de mon instinct, ma raison. A force de vouloir partir en croisade contre les clichés et vouloir les exploser, je suis devenue aigri.
A force de me détourner du genre humain, j'en ai oublié que je l'étais moi même, et bien plus critiquable et ridicule que j'aimerais me le laisser croire.
Ca ne se fait pas de trouver quelqu'un ridicule dans son apparence alors qu'on se trouve nous même dégoûtant, et que l'on considère notre propre corps comme un déchet.
Ca ne se fait pas de se moquer des anxieux, alors que nos propres phobies nous envahissent, et sont nos maîtresses, et qu'elles nous font oublier tout le reste. Alors que l'on est devenu incapable de discerner ce qui est de ce que l'on croit voir. De rendre d'autres personnes responsables de ces peurs alors que c'est simplement notre esprit qui est malade.
Ca ne se fait pas de vouloir se croire intéressante, alors qu'on sait que ce ne sont que des paroles, du vent. Et que nous savons qu'au fond nous sommes incapable de retenir ce qui est vraiment important.
Ca ne se fait pas d'avoir des gens qui tiennent a nous, alors que nous sommes incapable de penser à autre chose qu'au jour ou ils nous abandonneront, au jour ou d'autres choses nous auront remplacé, au jour où l'on sera congédié de ces vies, au jour où l'on ne sera plus ce qu'on attends de nous. Ceci, en sachant que ce genre de pensées ne vient ni du comportement, ni des attitudes de ces personnes, mais uniquement et seulement de nous même, de nos phobies maladives. Ces peurs que je trouve aussi laides et dégoûtante que mon propre domaine corporel, ma lâcheté, ma paranoïa, ma méchanceté lorsqu'elle est gratuite.
Ca ne se fait pas de se lamenter et de se plaindre alors qu'on passe son temps a traquer ceux qui se lamente, et qui montre des signes de faiblesses.